Ma vie amoureuse ( suite 10)
Notre vie se déroulait tranquillement sans rien d'autre que
quelques sorties obligatoires comme les visites aux médecins, faire l'épicerie, souper au resto,
( pas obligatoire mais on aimait ça)
aller à la messe car étant pratiquants tous les deux, on continuait d'aller
à l'église les dimanches et c'était bon pour nous deux. On avait besoin de ce temps de réflexion.
Après la messe et ça presque à chaque dimanche on allait manger au casino et jouer.
Gilles aimait ça et moi aussi. On jouait un peu. on perdait souvent et aussi beaucoup,
mais il nous arrivait de gagner des fois quelques bons montants.
On aimait ces sorties car elles nous plaisaient et nous faisaient du bien nous changeaient
les idées car notre vie n'était pas rose, ni pour Gilles, ni pour moi.
Nos ordinateurs prenaient une grande place dans nos vies. Gilles faisait des recherches,
découvrait des sites intéressants, écrivait aux membres de sa famille et continuait de se perfectionner dans tous les domaines car il aimait toujours apprendre et encore et encore.
Nous en avions chacun un, je visitais beaucoup les sites et l'idée d'en faire un
me trottait dans la tête depuis quelque temps. Et j'ai décidé d'essayer d'en faire un. Je me suis acheté un logiciel et avec l'aide de mon frère André et beaucoup de travail, j'ai réussi le site " Les Amours de Mado " que vous visitez depuis 6 ans déjà. Il n'est peut-être pas comme les autres, surtout pas le site du siècle mais c'est mon site avec mes idées et je l'aime ainsi. J'ai une belle et longue liste d'abonnés mais surtout j'ai des amis extraordinaires.
J'ai beaucoup de correspondantes et aussi des correspondants, Quelques temps après la création de mon site, Gilles et moi avons eu le plaisir de rencontrer deux de mes amis, des personnes sympathiques en qui j'avais une grande confiance et que j'aimais beaucoup et ils sont toujours mes amis.
J'en avais d'autres par contre qui étaient un peu plus entreprenants et qui se disaient amoureux de moi mais je les croyais plus ou moins. Ils semblaient vraiment amoureux et me disaient des mots d'amour, des " Je t'aime " " Ma chérie " , " Mon amour " et j'aimais ça. Quelle femme n'aurait pas aimé ça ?
Même si Gilles était toujours l'homme idéal de ma vie, même s'il me disait moins souvent des mots d'amour, il y pensait moins souvent et ses problèmes de santé étaient prioritaires et je le comprenais mais moi j'avais besoin de me faire dire des mots d'amour.
Ces deux hommes me le disaient virtuellement et même s'ils demeuraient dans des pays lointains
et que je savais qu'ils étaient de grands parleurs, j'aimais ça mais je n'étais pas naïve à ce point là.
et surtout que j'aimais Gilles. Je lui en ai parlé car je ne lui cachais rien mais tout cela le laissait
indifférent. Il savait l'amour que j'avais pour lui et il me faisait confiance. Il en souffrait pas et même je lui lisais certains de leurs messages, il comprenait qu'ils deviennent amoureux de moi car " Mado était une femme adorable " qu'il disait.
Comme vous voyez,j'avais rien à cacher à Gilles et il m'aimait.
Concernant ces chers correspondants, ils sont plus là ni comme correspondants, ni comme abonnés
depuis longtemps( ce qui était spécial, les deux avaient le même initial que Gilles, leurs noms commençaient par un G. )
Notre vie de couple se déroulait sans trop de problème,on sortait à chaque jour pour aller prendre
un café et on restait une heure ou deux à se parler de tout et de rien, mais juste nous deux. Gilles ne voulait pas se faire des amis et c'était correct pour moi. J'aimais ces sorties et Gilles aussi.
Au retour Gilles faisait une sieste et moi je préparais le repas. On regardait la télé en mangeant et on
était heureux ainsi. Le soir c'était nos ordinateurs et la télé, nous en avions chacun une.
Un jour Gilles me montre une bosse qu'il avait près de l'aine, on a pensé tous les deux que
c'était une hernie mais je voulais qu'il consulte, qu'il aille montrer ça au médecin.
C'était un ganglion et il fallait faire une biopsie, résultat : cancéreux.
Alors les examens, autres analyses, visites aux spécialistes se sont succédés c'était urgent. Un mélanome sur sa jambe était à détruire toutes ses cellules saines, on ne pouvait l'opérer, trop tard. Et ni lui ni moi ne soupçonnaient que ce " bobo " sur sa jambe était un mélanome.
Malgré 7 traitements de chimio, toute cette " merde " avait envahie son organisme.
Gilles est décédé quelques mois après.
Je termine ici ces pages de ma vie amoureuse car avec le décès de Gilles, il n'y aura
plus d'autres amoureux dans ma vie car il n'y aura jamais un autre homme comme Gilles .
avec ses belles qualités, sa douceur, sa bonté et c'était
l'homme que j'avais choisi pour le meilleur et pour le pire devant Dieu et les hommes et ça,
jusque la mort nous sépare.
Mado xx.