Quand le cordonnier sur son établi
Range ses clous, son alène
Qu'enfin le silence s'établit
Dans la vallée, Madeleine
Lorsque les abeilles sur les fleurs
Déposent leur moisson de pollen
Que le rire chasse les pleurs,
Les chagrins défunts, Madeleine
Quand le blé pousse en hiver
Que le vent tiédit son haleine
Et apaise les vagues de la mer
Contre les rochers, Madeleine
Lorsque ce tout petit papillon
Voletant au soleil, minuscule phallène
Ferme les yeux éblouis par les rayons
Enivrés de chaleur, Madeleine
Quand me parvient la chanson
Nostalgiques paroles de Marlène
Evoquant la lutte des passions
Victorieuses des ténèbres, Madeleine
Quand la forêt est murmurante
Et que la vieille chatelaine
Caresse de ses mains tremblantes
Les rosiers fleuris, Madeleine
Lorsque derrière les nuages
Brille le soleil madrilène
Quand arrive la fin du voyage
Et que tu es au bout, Madeleine
Quand dans les caves bordelaises
S'élève la vapeur éthylène
Et la musique finissant sur un dièse
S'achève sur toi, Madeleine
Qu'importe si nous sommes anachroniques
Comme un vieux poste à galène
Dans ce siècle mécanique
Dépourvu d'attrait, Madeleine
Qu'importe si nous vivons un livre
Ecrit par Proust, Ronsard ou Verlaine
Qu'importe sur la fenêtre le givre
Pourvu que toi et moi, Madeleine
Marie.
Tous Droits Réservés
Merci chère Marie
Mado xx