Elle arriva au début de l’année scolaire,
Et tout de suite elle fit vibrer mon cœur.
Qui, jusqu’à ce jour était un peu solitaire
Et devint subitement rempli de bonheur.
Elle hantait mes rêves de préadolescent.
Et enlacés, nous allions dans la campagne
Ce qui rendait jalouses ses compagnes
Parce que j’étais son fidèle amant.
C’était l’été et le temps des fraises arriva
Et un dimanche elle s’emmena chez nous,
C’est alors que je me suis dis : mon petit gars;
Déniaise et Va donc aux fraises toi itou.
Connaissant les moindres recoins de notre terre,
Je savais où trouver les plus belles talles,
Ainsi, juste nous deux, accroupis par terre
Nous faisions la cueillette sans faire de mal.
Nos paniers pleins, nous allions partir
Lorsque je vis sa petite culotte sous sa jupe.
Je sentis alors un tressaillement m’envahir,
Mais pour aller plus loin, je n’étais pas dupe.
À cet âge, je n’étais pas encore très déluré
Et puis aussi, faire cela aurait été péché
Qu’il aurait fallut confesser à M, le Curé.
Avec promesse de ne plus recommencer.
En arrivant chez moi, papa dit en riant
En jetant un regard complice à maman :
Il va aux fraises avec sa blonde maintenant?
Mon mari, ce ne sont que des enfants.
Devenus adultes, on s’est séparés,
En prenant chacun différents chemins,
ainsi était sûrement écrit notre destin
Mais ce souvenir en moi fut bien ancré.
R,Dallaire, Août 07