Un homme qui pleure

Le ciel était bleu et dans cette mer sage
Les nuages traînaient de longs sillons d'écume,
L'air doux et parfumé caressait mon visage
Soudain je l'ai vu, il pleurait là, sur le bitume.


Son chagrin semblait fort mais était silencieux
Pas une plainte, pas un son ne sortait de sa bouche,
Juste l'eau qui coulait du brouillard de ses yeux
Et moi, un homme qui pleure, voyez-vous, cela me touche.


Je ne pouvais détacher mon regard de tendresse
Des gouttes de chagrins qui suivaient le chemin
Des rides que la vie avait creusées avec largesse
Et qu'il essuyait du revers de sa main.


Il ne regardait rien, juste devant lui
Mais que voyait-il sur cet invisible horizon,
Pleurait-il un amour, pleurait-il un ami
Car pour qu'un homme pleure, il faut une raison.


Qui donc,le premier, a eu la stupide impudence
De prétendre qu'un homme, un vrai, ne pleure pas,
Moi, je vous aime avec vos joies et vos souffrances
Vos forces, vos faiblesses, votre sensibilité, vos émois.

Inconnu