Un chien urbain...sourires des humains


Papa amenait sa famille à Repentigny visiter les grands-parents presque tous les dimanches. Sur les bords de la rivière l'Assomption, ils avaient une petite ferme. juste en face du village de Saint -Paul-L'Ermite .

Partir de bon matin d'un petit logement au deuxième étage d'une rue achalandée de Verdun, pour aller passer la journée à la campagne, était une grande joie pour les enfants.

Le chien de grand-père était le premier à nous accueillir, courant autour de l'auto, un chien noir, d'une race indéfinie, qu'on appelait Djess. Les quatre enfants, descendaient à peine de l'auto, nous courrions dans la cour arrière, Djess nous suivait et nous dépassait. sautant, aboyant, haletant. Après une dizaine de minutes, Djess retournait dans son coin préféré. proche du tas de bois de chauffage. et nous allions ensuite embrasser les grands-parents, les tantes et les oncles plus jeunes, encore à la maison paternelle.

Djess était un chien de campagne. La ferme était son domaine, il entrait peu dans la maison et ne s'éloignait jamais du tapis qui lui était désigné. Autonome et calme, il protégeait son domaine autour de la maison et le partageait volontiers avec la famille et les citadins qui venaient acheter les légumes de grand-mère.

Récemment, Caramelle a passé une semaine à la maison des Capucins. Son maître avait apporté tout le nécessaire `laisse, sacs hygiéniques., nourriture, gâteries, couverture préférée : une femelle Labrador, avec son pedigree de santé. Elle appartient à une famille amie qui allait passer une semaine en camping. Les chiens y sont interdits.

Djess était de la campagne, dehors et libre. Caramelle est urbaine, manifeste sa joie pour ses marches quotidiennes au parc en laissant entendre le bruit de sa laisse. Elle vit à l'intérieur a sa propre nourriture qu'elle néglige cependant, préférant " faire la belle " afin de profiter des gâteries de ses maîtres temporaires étonnés et amusés. Par ses prouesses astucieuses. Caramelle sait qu'une récompense suivra automatiquement.

Promener un chien dans une ville anonyme promet des rencontres inattendues. Il attire les regards et les sourires. Oh qu'il est beau ! Quel âge a-t-il ? Comment s'appelle-t-il ? Caramelle renifle, et la conversation peut continuer sur la vie des humains.

Des liens de complicité existent entre les animaux domestiques et les humains. Chaque jour, il faut donner du temps, parler à son chien ou à son chat, manifester de l'affection, surveiller sa santé. Que sais-je encore !

Une chose est évidente : un chien à a campagne ou un chien en ville, c'est toujours un chien, mais les exigences sont bien différentes. Les règlements municipaux ne les ont pas oubliés.

Caramelle est retournée hier chez les siens, débordante d'affection à la vue de son maître. Elle retrouvera les enfants de la famille. Elle aura permis à des frères capucins, qui l'ont gardée pendant la semaine, de se faire eux-mêmes un peu enfants et de parler avec des inconnus qu'il sera possible de saluer de nouveau.

Pierre Viau,
capucin.


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