Aime-moi , tel que tu es


Je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme ;
la faiblesse et les infirmités de ton corps ;
je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même :
« donne-moi ton cœur, aime moi comme tu es ».

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour,
tu ne m’aimeras jamais.
Même si tu retombes souvent dans ces fautes
que tu voudrais ne jamais connaître,
même si tu es lâche dans la pratique de la vertu,
je ne te permets pas de ne pas m’aimer.
Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton cœur.

Je compte bien te former,
mais en attendant, je t’aime comme tu es.
Et je souhaite que tu fasses de même ;
je désire voir du fond de ta misère, monter l’amour.
J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.
J’aime l’amour des pauvres ;
je veux que, de l’indulgence, s’élève continûment ce cri :
Seigneur, je vous aime.

C’est le chant de ton cœur qui m’importe.
Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ?
Ce ne sont pas tes vertus que je te demande,
et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt
l’amour-propre s’y mêlerait ; ne t’inquiète pas de cela.

J’aurais pu te destiner à de grandes choses ;
non tu seras le serviteur inutile,
je te prendrai même le peu que tu as
car je t’ai créé pour l’amour.
Aime ! L’amour te fera tout le reste sans que tu y penses ;
ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour.

Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton cœur
comme un mendiant, moi,
le Seigneur des seigneurs.
Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir,
n’allègue pas ta misère.

Ton indigence, si tu la connaissais pleinement,
tu mourrais de douleur.
Cela seul qui pourrait me blesser le cœur,
ce serait de te voir douter et manquer de confiance.

Je veux que tu penses à moi
chaque heure de jour et de la nuit,
je ne veux pas que tu poses l’action
la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour.

Quand il te faudra souffrir,
je te donnerai la force ; tu m’as donné l’amour,
je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi :
« Aime-moi, tel que tu es ».
N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour,
sinon tu n’aimeras jamais.


Ce texte paru dans un bulletin monastique (1940), est d’un auteur inconnu-
Je vous laisse à votre appréciation et à votre réflexion.