C’est l’heure où le grand cerf et la biche vont boire
Alors que la forêt peu à peu s’assombrit.
L’heure où le vagabond, seul en son purgatoire,
Accélère le pas pour trouver un abri.
Dans la maison douillette, persiennes fermées,
On dresse le couvert, on tire les rideaux.
La grande flaque d’or de la lampe allumée
Peint le visage heureux, penché sur un berceau.
Du jardin assoupi on a fermé les grilles.
Vont s’endormir la rose et le petit souci.
Les oiseaux attristés, blottis sous la charmille
Voient venir à regret les ombres de la nuit.
La brume, peu à peu, gomme le paysage.
Au firmament, là-bas, une étoile se pend.
Le soleil est enfin au terme du voyage,
Il vient de se noyer dans le gris de l’étang.
Renée Jeanne Mignard
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