

Dis-moi le temps qu'il fait ?
Lorsque j'étais petit, je voyais mon père comme une haute montagne qui m'invitait au sommet.
Je lui disais ; « Dis-moi le temps qu'il fait pour aller à la pêche ou à la chasse ? »
Je le suivais dans la forêt. Mes pas croisaient les siens, malgré ses absences.
À l'adolescence, mon père s'est fait encore plus discret, mais il était là, ne comprenant pas
toujours pourquoi je trébuchais sur le chemin. Mon père n'a pas marché à ma place ; chacun
son voyage. Je sais maintenant qu'il priait en secret le Père céleste qui m'attendait, comme
le père de l'enfant prodigue, pour m'offrir son pardon.
Aujourd'hui, j'habite la maison intérieure de mon père, car je suis père moi aussi.
Je recueille ses mots et ses silences, tout en essayant de les partager avec mes quatre enfants
qui me disent à l'occasion :
« Dis-nous le temps qu'il fait ? »
Les temps changent. Mes enfants tombent à leur tour. Ils habiteront un jour leur maison intérieure,
cet invisible chez-soi que chacun porte dans son mystère. Ils reconnaîtront ce qu'il y a de plus
sacré dans l'amour, de plus beau et de plus silencieux, ce Dieu que Jésus nous invite
à appeler affectueusement « Notre Père «.