Insomnie

Le fil de ma vie
court à travers
les méandres tortueux des jours
et se perd dans le dédale
des heures grises
sans relief.

Les vertes collines disparaissent
dans le brouillard
des petits matins
et le soleil s'arrondit
derrière la fumée
des noires cheminées
d'interminable solitude.

Le vent rabroue
les rêves trop bleus
et chante à mes oreilles
sa mélopée
irritante et plaintive.

Le jour n'a pas de couchant
sa grisaille s'accentue
et donne au soir
une sorte de faux apaisement
où je me plais à m'enfoncer.

Traçant de mon doigt
le contour de mon visage
je palpe mon existence
tiède comme le souffle
qui s'échappe de mes lèvres.

Le jour n'a pas de frontière
la nuit n'ouvre pas de barrière
le vaste champ de mon paysage
s'étend sans lendemain
aussi vaste
que la nullité de mon sommeil.

Colette Côté
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