J'ai choisi de vivre seule


« À cinquante ans, j'ai décidé de quitter mon mari et de vivre seule.
Je ne voulais plus vivre dans la dépendance de ses désirs,
ni être sous sa coupe.
Je découvrais enfin que j'étais assez grande pour oser ma vie »

Nous avons là le témoignage d'une femme qui a choisi la solitude,
car elle y voit un mode d'existence
moins contraignant que celui d'une vie en couple.

De plus en plus de femmes, semble-t-il, préfèrent la liberté individuelle
aux risques d'une cohabitation qui se révèle quelquefois trop frustrante,
voire aliénante pour elles.

D'autres, par contre, déjà seules, découvrent qu'il est moins facile de vivre la solitude à cinquante-cinq ans qu'à trente-cinq. Comme si de nouveaux besoins émergeaient, comme si l'âge mettait à jour plus d'incertitudes et éveillait un besoin de sécurité intime plus grand, le besoin d'une présence proche et bienveillante, à demeure.

Aujourd'hui, quelque 18 millions de Français, soit 10 millions de femmes et 8 millions d'hommes, vivent seuls. Pour cause de célibat choisi ou imposé, pour cause de divorce ou de veuvage, ces personnes vivent, pour l'essentiel, de leurs relations, avec... elles-mêmes.

Certaines ont des regrets : « J'ai peur de devenir égoïste, j'éprouve un sentiment très fort d'inutilité, comme si je ne servais plus à rien. »
D'autres investissent dans des activités associatives, clubs de lecture, de marche ou de danse, pour partager avec leurs semblables le meilleur d'elles-mêmes.

Probablement, celui qui vit seul peut consacrer plus de temps à autrui et s'engager dans des actions humanitaires, lutter contre l'injustice, la faim dans le monde, oeuvrer à résoudre des problèmes de santé ou de prévention sociale. Et il peut trouver dans cet engagement la possibilité de s'aimer, de se respecter tout en donnant un sens à sa vie.

La pire des solitudes n'est pas d'être seul, mais de s'ennuyer en sa propre compagnie. Quand la solitude est imposée après une rupture, un décès, elle s'accompagne souvent d'un sentiment d'incomplétude et de manque. Mais quand la personne a pu se réconcilier avec elle-même, dépasser la blessure laissée par un sentiment d'abandon ou de trahison, elle peut commencer à apprendre à cohabiter avec elle-même et trouver de l'agrément à vivre en sa propre compagnie à temps plein, tel un partenaire dynamique pour l'homme ou la femme qu'il ou qu'elle est devenue

Jacques Salome