

Je dois prendre des médicaments coûteux
pour m'empêcher de trembler
et de tomber en marchant,
d'autres aussi pour dormir un peu,
d'autres encore pour digérer,
pour respirer, pour pomper mon sang...
Je suis une vraie pharmacie vivante.
Si au moins je me sentais mieux!
Malgré tous ces remèdes,
je ne me sens pas bien
Bien pire,
je m'aperçois que je baisse un peu plus,
de jour en jour.
Te le dirais-je?
Il m'arrive de penser
que tu nous organises
de façon à ce qu'on finisse
par avoir hâte d'aller te voir!
Comme si c'était toi
qui étais l'auteur du mal
qui nous arrive!
Les microbes, le vieillissement,
l'usure, les coups de la vie,
je le sais bien,
sont les premiers responsables
de toutes nos maladies.
C'est vrai pourtant:
à mesure que je vois ma santé diminuer,
je sens monter en moi
le désir de toi.
J'ai de plus en plus le goût de toi,
l'envie de te rencontrer,
le besoin de te voir en face.
Bien sûr,
il me coûte de quitter
ces personnes qui ont fait
un bout de chemin avec moi,
que j'aime et qui m'aiment.
Et j'ai mal au cœur
rien qu'à penser
qu'il faudra bien un jour nous séparer.
Mais tu m'attires
comme la lune attire la mer,
comme l'aimant attire le fer.
De plus en plus,
ta force d'attraction s'exerce sur moi
J'ai faim de toi.
Ne me laisse pas sur mon appétit.
Viens me prendre avec toi.
Amen.
Jules Beaulac
tous droits réservés