



Un doux frémissement, un léger friselis.
Puis, petit à petit, ça enfle crescendo.
L’heureux mortel qui dort, bien à plat sur le dos,
Respire un peu plus fort, sa poitrine se gonfle,
Sa bouche se détend, et c’est parti…. il ronfle !

Elle bien éveillée, ainsi que chaque nuit,
Croit, pour y remédier, avoir tout essayé.
Les soupirs éloquents, les poings dans l’oreiller,
Le corps sur le côté, le nez pincé, les gifles,
Alors à bout de nerfs, excédée, elle siffle !

Et la pauvre victime, épuisée, l’œil hagard,
N’a pas d’autre recours, afin d’y échapper,
Que d’aller au salon choir sur le canapé.
Cependant qu’au dehors se lève le soleil,
Elle sombre, elle aussi, dans un profond sommeil

La réveille et lui dit : Mais que fais-tu donc là ?
Pourquoi, ma douce amie, faire ainsi chambre à part ?
Aurais-tu fait, dis- moi, un vilain cauchemar ?
Quant à moi, je n’ai pas dû bouger de la nuit.
Si tu savais, chérie, comme j’ai bien dormi ! ».
