



C'est lui qui fait pousser les plantes, des petites fleurs des champs jusqu'aux grands arbres des forêts. C'est lui qui nous donne ce teint de santé et de beauté durant l'été. C'est encore lui qui met de la joie dans nos coeurs et de la fête dans nos maisons.
Pour que nous en profitions, il suffit que nous lui soyons disponibles nous aussi. Il n'est besoin que de nous exposer à ses chauds rayons. Il n'est pas nécessaire de lui commander quoi que ce soit. Il agit à coup sûr chaque fois que nous nous mettons en sa présence. Même sans rien faire du tout.

Ce qui frappe ensuite chez notre ami le soleil, c'est sa surprenante gratuité et sa belle générosité.
Le soleil ne se fait pas prier pour nous donner sa chaleur et sa lumière. On n'a pas besoin de payer pour en avoir. Il est là, on n'a qu'à en prendre. Avec l'air que nous respirons, il est une des rares choses qui ne coûtent rien dans notre monde.
Et puis tu peux en prendre tant que tu veux. Il en restera toujours amplement pour ton voisin. Il est si généreux et si riche qu'on ne peut pratiquement pas l'épuiser.
Qu'il y ait dix personnes ou cent mille sur le bord de la mer, chacune peut être assurée d'avoir tout le soleil qu'elle désire. Que tu possèdes une terre aussi grande que les prairies canadiennes ou un jardin aussi petit que ta cour arrière,
ils auront tous les deux tout ce qu'il leur faut de soleil
pour que ton blé ou tes carottes poussent en beauté.

Le soleil n'est pas mesquin. Il s'offre à nous sans lésiner, sans calculer, sans se faire payer. Le soleil n'est pas égoïste. Il ne garde pas pour lui sa chaleur et sa lumière, il les distribue sans compter et sans espoir de retour, juste pour le bonheur de la terre et la joie des humains. Le soleil ne pratique pas de discrimination. Il se donne à tous sans regarder la couleur, la science, l'âge ou le sexe des gens. Il est universel.

« Dieu est comme le soleil, disait un vieillard à François d'Assise. Qu'on le voie ou qu'on ne le voie pas, qu'il apparaisse ou qu'il se cache, il rayonne.
Allez donc empêcher le soleil de rayonner! »
Jules BEAULAC,
Choisis donc de prier, Éd. du Levain 1988 (épuisé)
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