


À vingt ans, la vie nous a déjà blessés, mais à cet âge les blessures guérissent vite.
Du moins le pense-t-on...Toute la vie adulte est devant nous et tous les espoirs nous sont permis.
Quarante ans, c'est le mitan de la vie, l'âge des questionnements, des remises en questions. C'est l'âge des carrefours nouveaux. L'énergie se renouvelle, des élans surprenants nous sont possibles. C'est le temps des choix difficiles, c'est la porte ouverte aux surprises agréables, aux bouleversements fascinants.C'est le temps perdu qu'il faut reprendre.
Cinquante ans ouvrent sur un début de sagesse. Le temps n'a plus la même dimension. Les choix se précisent davantage. On n'a plus de temps à perdre. Notre pas, plus court plus lent, se fait plus précis.
Mais ça c'était pour nos années. Que sont les années des autres?
Car vous savez sûrement, qu'en certaines régions du globe, et souvent même chez nous, beaucoup d'enfants ne se rendent même pas à dix ans. Que d'autres sont maltraités, violentés, violés!!Que des adolescents et des jeunes de vingt ans portent le fusil au lieu de porter comme nous le sac d'école de sa petite amie...
Qu'à vingt-cing ans c'est déjà leur mitan de la vie!! L'injustice, la dictature, le terrosisme, le pouvoir, les religions, la manipulation, la maladie et la pauvreté sont parmi les plaies maudites qui rongent leur vie. Eux n'ont pas le temps de penser leur vie, il leur en manque pour panser leurs plaies.

Nous savons tous qu'il y a, tout près de nous, des gens qui souffrent physiquement, psychologiquement et socialement. Mais nous souffrons tous, nous les bien portants, d'un mal infiniment plus grand que toutes les souffrances des autres. Il s'agit d'un mal si sournois, si facilement justifiable qu'on le laisse entrer en nous, on le laisse s'installer, on le laisse nous envahir, nous posséder, car ce mal porte avec lui toutes les raisons pour nous donner bonne conscience. Vous l'aurez deviné, il s'agit de l'indifférence.
C'est ça la vie me direz-vous. Est-ce votre indifférence qui parle? Pourquoi abdique-t-on si facilement à ce que l'on croit être les règles du jeu de la vie?
Ne pouvons-nous pas réévaluer notre attitude à-propos de ces règles?
L'instant présent est infiniment bref. Ne restons pas indifférents à la vie.
