Poisson rouge
Noyé dans son bocal
Disait : « si rien ne bouge
Je perdrai le moral ».
Et il tournait en rond
En recherchant la vie,
Au fond de sa prison
Enfin … il en pleura
Grâce à toutes ses larmes,
Le bocal déborda
Là, sur le macadam.
Le poisson se glissa
Et surgissant de l’eau,
Dans l’égout il tomba,
Du haut du caniveau.
Il se laissa porter
Par le courant rapide,
Et fut précipité
Dans l’océan limpide.
Il avait tant pleuré,
L’eau en était salée
Mais il était heureux
Au milieu de l’eau bleue.
Quand tu te baigneras
Petit enfant du monde,
Dis-toi bien qu’il est là
Frétillant dans ton ombre !
Arlette Février Muzard