Si tu chantes des chansons

Un dimanche après-midi,

j'étais assis dans un parc,

Sur un banc

il y avait un vieux qui me regardait.

Il me dit: Je te connais toi,

je t'ai vu à la Télé

Tu commences ta vie et tu veux chanter

Allez viens, je vais te parler:


Tu sais mon enfant,

si je pouvais chanter, je n'ai pas ce talent

Et ma vie est terminée.

J'ai vu dans ses yeux, une larme couler

En prenant ma main,

il m'a dit pour qui chanter.


Si tu chantes des chansons,

fais-le pour les tout-petits

Ceux qui n'ont jamais raison,

qui ne sont rien dans la vie.


Tu chanteras tes chansons

pour ceux qu'on a oublié

Ceux qui n'ont pas de renom,

qui ne savent pas chanter.


Chante pour les filles de Tanguay

Qu'on a jamais su aimer

Pour les femmes qui sont battues

par des gars qui ont trop bu.


Pour tout ces gens enfermés

Dans les asiles d'aliénés

Qui sont souvent bien moins fous

Que ceux qui les ont jugés.


Pour les gens qui ont perdu

un parent ou un ami

Les malades qu'on ne voit plus

et qui pleurent souvent la nuit.


Pour tous les enfants du monde,

dont les parents sont séparés.

Pour tous les vieux qu'on oublie

et qu'on renferme dans les foyers.



Pour les jeunes aux coins des rues

Qui se droguent pour oublier,

Pour les filles qui dansent nues

Pour que leurs enfants puissent manger.


Pour les gars dans les prisons

Qui espèrent le pardon,

Pour tous les gens déprimés

qui ont perdu le goût d'aimer.


André Sylvain
de son album « Aimer, c'est se donner »

Les poèmes